Fondatrice de Visiter L’Afrique, Diane Audrey Ngako, est une jeune Camerounaise qui vit à Paris. Le jour, elle est journaliste au Monde Afrique, l’édition africaine du Monde.fr. La nuit, elle est activiste dédiée à changer l’image de l’Afrique autour le monde. Akinyi Ochieng de Ayiba parle avec Diane à propos de son site-web et les trésors cachés de l’Afrique.

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Pourquoi avez-vous choisi de lancer Visiter l’Afrique?
Pour moi, l’Afrique est surtout représentée par des non-Africains et via les médias. Je ne vous apprends rien, comme toujours Ils nous vendent toujours une Afrique misérabiliste, où seuls famine, guerres et autres fléaux règnent. Je voulais créer une plate-forme qui présenterait une Afrique sans filtres. “Visiter l’Afrique” a donc été une évidence : je voulais montrer l’Afrique telle qu’elle est vraiment, loin des stéréotypes. Il ne s’agit pas de nier ses problèmes, mais plutôt de mettre en avant ses atouts et ses opportunités.

Burkina

Pourquoi pensez-vous que l’Afrique n’a pas été assez promu comme destination pour voyager?Le tourisme chez nous est un secteur inexploité. Je pense que pour maximiser le potentiel du tourisme sur le continent, nos états doivent investir ou penser à des partenariats avec le privé dans des secteurs d’infrastructure clés comme les transports, l’énergie, l’eau et les télécommunications. Des pays tels que le Maroc, l’Afrique du Sud ou encore le Kenya sont déjà dans cet état d’esprit. Les états doivent aussi plus communiquer afin de rassurer sur l’état de sécurité de leur pays. Comme je vous ai expliqué au dessus l’Afrique souffre encore d’une image d’insécurité.

Diane-Audrey Ngako, founder of Africa Visit

Diane-Audrey Ngako, fondatrice de Visiter l’Afrique

Quelles sont vos destinations préférées en Afrique? Pourquoi?
Le Cameroun, tout simplement parce que c’est l’Afrique en miniatures. Sur le plan humain, ce pays qui est le mien, regroupe presque tous les sous ensembles présents sur le continent. Il compte en son sein des montagnes, des plaines , des plateaux. Chaque fois que je voyage au sein du Cameroun, je suis toujours émerveillée par la beauté des paysages. Il fait chaud au Cameroun, vraiment chaud mais bon on s’adapte. On met les lunettes de soleil et la casquette. Sinon la nourriture chez nous est excellente, les femmes savent aromatiser les plats. Mention spécial pour le poisson braisé.

Quel est un trésor cache comme destination en Afrique?
La mosquée de Djenné au Mali qui depuis des années m’attire, m’intéresse et m’appelle. Il s’agit du le plus grand édifice du monde en terre crue. Elle est considérée par de nombreux architectes comme la réalisation majeure du style architectural soudano-sahélien, tout en reflétant des influences islamiques.Elle est inscrite depuis 1988 à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

The Mosque of Djenne

La mosquée de Djenné

Selon vous, quels sont les défis principaux de tourisme africain?
Rien de plus que le prix de vols entre nos pays qui sont très excessifs. Le coût du Visa aussi mais les choses sont actuellement en train de changer notamment dans certaines régions du continent. Il y a environ 2 mois la C.E.M.A.C a décidé d’ouvrir ses frontières à tous ses ressortissants. En Afrique de l’est par exemple, le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda ont créé un visa de tourisme commun d’une durée de 6 mois. Ainsi pendant la durée de ce visa, tout voyageur pourra parcourir ces trois pays sans visa supplémentaire.

Pensez-vous que les problèmes avec la perception de l’Afrique sont uniques à l’Ouest ou sont aussi courants parmi les Africains eux-mêmes?
En fait le problème est assez simple : nous avons des non-Africains qui racontent l’Afrique sous un fond noir (guerre, maladie …) et en face des Africains qui ne racontent pas leur Afrique. Il y a un réel déficit de récit chez nous. Nous continuons de laisser les autre nous raconter notre histoire et nous subissons ce récit. Je pense que c’est très dangereux lorsqu’on laisse le soin aux autres de raconter à notre place, notre histoire. Aujourd’hui il est donc important et nécessaire de repenser nos imaginaires, le continent et de transmettre le tout à la prochaine génération.

Comment pensez-vous que l’on peut encourager plus de liens entre les Africains en Afrique et ceux dans la Diaspora?
Juste en ne créant aucune différence. Nous sommes africains, point final!

Décrivez l’Afrique que vous connaissez et aimez dans trois mots.
Mon Afrique est belle, ouverte, généreuse, souvent taquine, mais surtout chaleureuse.

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