Après avoir passé deux années dans l’incapacité de marcher, Steves Hounkponou, inspiré par les défilés de mode met dans un coin de sa tête qu’il lancera plus tard sa marque. Un bachelor à Cambridge obtenu, puis des études en marketing du luxe et en finance, Steves commença sa carrière dans de grandes Maisons de luxe comme Burberry et Cartier.

Après des années de travail, il lance sa propre marque de maroquinerie entièrement conçue en France, BlackHats Paris. Pour créer ses propres tendances il associe styles urbains et influences ethniques, ayant été bercé par le wax, car sa mère est une nana Benz. Les créations ont des lignes épurées, permettant au tissu wax d’épouser parfaitement les finitions en cuir taurillon. Lys Mehou-loko de Ayiba parle avec Steves à propos de son marque, BlackHats.

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Comment en es-tu arrivé au concept de BlackHats Paris?

Je suis arrivé à 14 ans, en France, afin de faire des tests, pour devenir joueur de football professionnel. En raison d’un accident, mes plans ont été contrariés. En effet, mon accident a contraint les médecins à mener des examens approfondis. Ils m’ont alors détecté une maladie génétique qui s’appelle HLA B27. Il s’agit d’une spondylarthite ankylosante, qui se caractérise par une inflammation chronique des articulations. J’ai donc dit adieu au football et j’ai subi deux opérations avec 2 prothèses de hanche. Cela m’a valu de ne pas marcher pendant 2 années. Durant ces 2 années, j’ai regardé beaucoup de défilés de mode, de mon lit d’hôpital, et notamment ceux de Saint Laurent, qui a été une source d’inspiration.  Je me suis fait la promesse d’habiller des personnes, une fois rétabli.

Après mes opérations, ma démarche continuait à être altérée. C’était provoqué par les changements de température. Le regard que portaient certains individus sur mon boitement m’incommodait. Un jour, je me suis rendu dans une boutique avec un ami.  J’ai alors craqué pour un chapeau. Il me le fallait ! Toutefois, il était beaucoup trop cher, pour mon modique budget. Une vendeuse s’est approchée de nous et m’a dit : « Prends ce chapeau, il te changera la vie. ». Comment un chapeau peut-il changer une vie ? Mon compère a ajouté : « changes ta vie et prends-le Steves ! ». Sur la base de leurs conseils, je l’ai donc acheté. Le soir au restaurant, tout le monde voulait toucher mon chapeau. Ils complimentaient ma coiffe. Cela a été le début d’un voyage incroyable. Sur les réseaux sociaux, ma communauté a également commencé à croître. Il y avait une telle effervescence autour de mon chapeau.

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Mes followers m’ont demandé de créer une marque de chapeau. Par contre,  je ne voulais pas qu’on me résume uniquement à mon couvre-chef. Je préférais créer une gamme complète d’accessoires.  C’est pourquoi je me suis lancé dans la maroquinerie. Notons que ma mère est commerçante de tissus wax. Elle arpente le Bénin et l’Afrique de l’Ouest, en vue de vendre ses textiles. Avec sa force de vente, elle est considérée comme une « Mama Benz ». Quoi de plus naturel pour moi de lui rendre hommage, en associant le wax à la maroquinerie. Parisien depuis une vingtaine d’année, je suis toujours autant charmé par le raffinement de certains habitants de la capitale.  A travers ma première collection, j’ai donc voulu mettre en avant l’élégance à la parisienne couplée à la qualité du wax béninois.

Quel est l’objectif de BlackHats Paris? 

BlackHats Paris, ayant pour acronyme BHP, a pour but d’inspirer des individus. Ces derniers sont appelés à croire en eux, à être audacieux et à vivre leurs rêves. Nos pièces ont des histoires. Ainsi, la pochette « Le Résident » est un clin d’œil aux immigrés. En effet, ils utilisent des pochettes, afin d’y introduire nombre de documents. La forme représente ce document, avec une matière plus noble. J’ai longtemps été moi-même immigré, avant de devenir français. C’était donc un clin d’œil à cette époque, caractérisée par de longues heures d’attente à la préfecture, avec mon porte-document, pour obtenir un titre de résident.

Que signifie vivre à Paris pour toi? 

Paris est, à mes yeux, la plus belle ville du monde. Vivre dans la capitale de la mode est stimulant. J’apprécie beaucoup la mode. Ce n’est pas pour autant que je me définis comme une « fashion victim ». J’ai tendance à dire que je suis un bureau de styles : j’aime associer les vêtements. Cela peut être une pièce sur un site internet ou une pièce d’un grand créateur. Peu importe, c’est l’esthétisme qui prime!

Pour moi, Paris, se caractérise aussi par le fait de prendre son vélo ou sa petite voiture, pour se rendre au travail. Rejoindre ensuite des amis, sa copine ou sa famille dans un endroit bucolique. C’est également l’apéro sur les quais de Seine. Ce sont les musées le week-end avec un tote bag, pièce emblématique du vestiaire parisien…

Comment ton parcours personnel a-t-il influencé BlackHats Paris?

La publication de photos sur Instagram et le fait d’encourager les gens à se dépasser ont influencé BHP. Selon moi, le chapeau est ma force. On doit surmonter nos faiblesses et trouver en nous nos forces. Le chapeau a été salvateur pour moi. Cela m’a permis de trouver ma force intérieure. Des personnes ont été touchées par les messages positifs que j’adressais. Cela a même aidé certains à surmonter la pente. D’autres se sont aussi identifiés à moi.

Dans ton travail sur BlackHats Paris, qu’est-ce qui est le plus pénible? Le plus agréable? 

Il n’y a rien de pénible, j’ai de la chance de faire ce que j’aime. Certes, je dors très peu alors que j’adore dormir, mais j’apprends tous les jours, je fais des rencontres extraordinaires tous les jours. J’apprécie l’aventure humaine. C’est plaisant de discuter avec les gens. J’ai aussi la chance d’être entouré d’experts (en comptabilité, en communication, en stratégie…). Donc, quand je rencontre des  difficultés, je n’hésite pas à les solliciter, pour avoir leur avis sur certains points.

Que fais-tu en premier le matin pour BlackHats Paris? 

Le matin pour BHP, en premier, je vais sur mon e-shop qui n’est pas encore en ligne, mais qui sera disponible le 21 septembre, afin de voir le nombre de visiteurs qui s’inscrivent à notre newsletter. Ca me fait tellement plaisir de voir de jour en jour les personnes s’inscrire alors que nous ne sommes pas encore ouverts officiellement. Je leur en suis profondément reconnaissant.

Quels ont été les principaux facteurs de succès? 

Je ne suis pas le plus talentueux, mais je suis un acharné de travail. La clé c’est de bien savoir s’entourer, et de se former. Je passe mon temps à lire, à faire des formations. D’abord dans mon domaine, j’ai un Bachelor à Cambridge, un master 2 d’école de commerce en Marketing du Luxe, un MBA en Finance et 8 ans d’expérience dans le retail. J’enseigne à HEC, mais j’apprends beaucoup aussi de mes étudiants.

Ensuite en tant qu’entrepreneur, j’ai passé une année de formation en finance, en comptabilité, en conception de produits. Maitriser tous les acteurs de mon domaine, et avoir une vision 360° aide à se dépasser et à réaliser des choses extraordinaires.

Le 3 Septembre prochain, je serai en pop-up au printemps du Louvre. D’autres belles surprises arriveront ensuite par la suite. Quant à la marque BlackHats Paris, sa date de sortie officielle est le 21 Septembre 2017 dans un concept store parisien.

A part ‘être soi-même’, que recommanderais-tu à ceux qui souhaitent entreprendre? 

Ne jamais lâcher. Tu peux tomber 8 fois, la neuvième fois sera la bonne. On fera des erreurs en tant qu’entrepreneurs, cela veut dire que l’on commence à apprendre le métier. Il faut les réajuster et aller de l’avant. La clé c’est de bien être entouré et de ne pas hésiter à se former et demander. Il faut passer du temps à faire des séminaires, des formations et travailler sans relâche, surtout s’orienter dans sa passion pour ne pas avoir l’impression de travailler.

Plus d’information sur instagram:

@blackhatsparis

@theblackwiththeblackhat